Le droit de manifester aboli par la préfecture ? 

Deux personnes ont été arrêtées et placées en garde-à-vue après la manifestation. Nous exigeons leur libération immédiate.

croix

Nous étions 200 environ à manifester contre les violences policières ce samedi 14 février à Montreuil.

Au départ, devant le lycée Jean Jaurès, le père de Geoffrey a lu un texte rappelant qu’ici-même son fils avait été gravement blessé au visage et à l’oeil suite à un tir de flashball lors du mouvement contre la réforme des retraites. Ensuite, le collectif huit juillet a rappelé que cette marche s’inscrivait dans une semaine de lutte contre le flashball et les violences policières, initiée par l’Assemblée des blessés, des familles et des collectifs contre les violences policières. D’autres personnes ayant perdu un proche tué par la police s’étaient également jointes à cette initiative.

Vers 15h, le cortège s’est joyeusement ébranlé scandant à tue-tête « Mais que fait la police ? Ça crève les yeux ! ». Il n’a pas fallu attendre 300 mètres pour que la police nous bloque et nous encercle à l’intérieur d’une nasse pendant plus de trois heures. Sur ordre de la préfecture, la manifestation était interdite. À l’interdiction s’est ajoutée l’humiliation, quand trois heures plus tard, chaque manifestant a pu sortir de la nasse moyennant une fouille au corps. Malgré cette démonstration de force nous avons tenu, et c’est là, encadrés par des dizaines de gardes mobiles que nous avons partagé le goûter prévu à cette occasion et que différentes personnes ont témoigné au micro et pris la parole publiquement à propos des violences et de l’impunité policières.

Depuis la mort de Rémi Fraisse, combien de manifestations interdites, combien d’arrestations préventives? L’Etat français a beau se présenter comme le grand défenseur des libertés publiques, il ne se passe pas un jour sans qu’il les remette en cause. Une fois encore, ce samedi 14 février, la possibilité de manifester a été remise en cause.

Cette manifestation posait visiblement problème. Parce qu’elle était portée par les premiers concernés, ceux qui dans leur corps, dans leur famille, dans leur entourage ont subi la violence policière. Parce qu’elle avait lieu dans une ville populaire où, à l’exemple de tant d’autres, cette violence se répète impunément. Parce qu’à rebours des grands appels à l’unité nationale, elle témoignait de la légitime défiance envers des institutions de plus en plus violentes.

Nous continuerons à raconter nos histoires, à les rendre visibles dans les villes et les quartiers où nous vivons. Nous continuerons à nous rencontrer et à nous organiser pour faire face aux violences policières. Nous ne nous laisserons pas gouverner par la peur.

Collectif huit juillet et les proches de Geoffrey.

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